Le Spectravideo Compumate

Le Compumate est un clavier produit par Spectravideo, qui transforme votre console Atari 2600 en micro-ordinateur 8 bits.

Accessoire méconnu, entraperçu dans les magazines, je l’ai en vain cherché à l’époque, faisant régulièrement le tour de mes boutiques préférées, mais jamais je ne l’ai vu proposé à la vente, ni le compumate, ni un autre.



Tilt n°5, mai 1983, clavier d’une autre marque indéterminée.

Récemment, j’ai eu la chance de mettre la main sur un exemplaire, c’est pourquoi je me permets de vous le présenter aujourd’hui.

Ce compumate se compose donc d’un clavier à membrane, dont la taille étudiée vous permet de le poser sur le capot de votre console (woody ou darth vador), donnant ainsi un ensemble du plus bel effet.


Le compumate se connecte à votre console via une cartouche et deux fiches à insérer dans les ports joystick. Son clavier à membrane ne permet bien sûr pas une frappe rapide mais, comme beaucoup de micros de l’époque, les instructions basic peuvent être entrées par l’appui d’une seule touche.

Tiens, parlons-en du basic !

 

Un Basic… basique !

Ce clavier offre 16Ko de ROM et 2Ko de RAM. Malgré ces 16Ko de ROM, ce basic est très limité : aucun formatage d’écran, le résultat défile vers le haut au fur et à mesure, aucune manipulation de chaine, pas de ELSE, pas de mode graphique, aucune instruction sonore, et j’en passe. Et ne comptez pas sur le manuel, même la liste exhaustive des instructions disponibles est aux abonnés absents !

Vous pourrez malgré tout composer vos premiers programmes, cela peut être utile si un jour vous jouez à Sloubi Wink




Oui, ça change agréablement du cul de chouette !

Comble du raffinement, vous pourrez enregistrer vos chef-d’oeuvre sur cassettes audio, grâce aux prises mic et ear présents sur le côté droit du clavier.


 

Un affichage rudimentaire.

C’est le moins qu’on puisse dire : 12 caractères par ligne, et un entrelacement notable. Probablement parce que la cartouche se sert de la technique des players imbriqués ? Notons tout de même que les mots-clés sont abréviés et s’affichent en un ou deux caractères.
J’ai également remarqué que l’ensemble était très sujet aux perturbations électromagnétiques, produisant de nombreux parasites selon le chemin emprunté par mon câble antenne (mais ce défaut est peut être propre à mon exemplaire).

 

L’image ET le son, elle est pas belle la vie ?

Intégrés en ROM, vous trouverez également un programme de dessin et un programme de musique.
Le dessin vous permet d’exprimer votre talent d’artiste à travers des compositions d’une couleur de trait sur une couleur de fond. Le clavier vous permet de tracer dans 8 directions sur 4 buffers utilisateurs différents. Quelques modèles prédéfinis sont également disponibles.


Les connaisseurs reconnaitront immédiatement qu’il s’agit du playfield.

La partie sonore est assez sophistiquée et exploite les capacités de la console, même si la composition d’une musique apparaitra très vite très fastidieuse. Choix de la voix 1 ou 2, choix de la note en clair (do re me…) et de sa durée (ronde, croche etc..). Pareillement, quelques buffers utilisateurs et quelques exemples sont proposés.

Mais comme rien n’est pas parfait, vous remarquerez très vite (à vos dépends !) que le passage d’un mode à l’autre, basic, musique, dessin, vous fait perdre le contenu du mode que vous quittez. Heureusement, vous pouvez aussi enregistrer vos compositions graphiques et sonores sur cassette audio !

 

En conclusion

Il est toujours très agréable d’explorer les merveilles à côté desquelles nous sommes passés étant gamins. Il va de soi qu’aujourd’hui, ce genre d’accessoire n’a que peu d’intérêt, autre que celui de trôner fierement dans sa collection.

Mais si on se replace dans le contexte de l’époque, cela aurait-il été judicieux d’en faire l’acquisition ? Excellente question ! En tant qu’initiation au basic et à la programmation, il aurait pu remplir son rôle, si le manuel avait été didactique et complet, mais ce n’est même pas le cas. Je ne connais pas la cartouche basic programming (avec ses controlleurs spécifiques), le Compumate est cependant sans conteste supérieur au niveau du clavier. Mais son basic est minable. Même le basic du ZX81 est à des années-lumière de ce basic… et cela pour un prix similaire. Le constat est donc globalement assez négatif.

 

Cet article a préalablement été publié le 03/12/2013 sur l’excellent site Gamopat.

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2 responses to “Le Spectravideo Compumate

  • Pierre Martin

    Je pense que mon premier soft de musique sur le C64 se programmait un peu de la même manière,… mais en 3 pistes.

    Par contre, une fois programmé, tu pouvais voir le tout s’afficher sur une partition en temps réel, ça c’était sympa !

  • Cambouis

    Salut Pierre !
    Ah, mais tu pourras « bientôt » (hum!) composer sur l’atari d’une façon similaire, dès que j’aurai un peu avancé dans l’éditeur. Je compte sur toi pour lui faire cracher ses tripes 😉

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